EVAR et TEVAR : traitement fermé des anévrismes par endoprothèse
Dans le traitement des anévrismes de l’aorte, la chirurgie ouverte n’est plus toujours nécessaire ; chez les patients dont l’anatomie s’y prête, nous pouvons traiter l’anévrisme par voie fermée en plaçant une endoprothèse au moyen d’un cathéter introduit au pli de l’aine. Dans cet article, je vais expliquer les techniques EVAR et TEVAR.
Qu’est-ce que la réparation endovasculaire de l’aorte (EVAR/TEVAR) ?
La méthode que nous appliquons aux anévrismes de l’aorte abdominale s’appelle EVAR (Endovascular Aneurysm Repair), et la méthode équivalente appliquée aux maladies de l’aorte thoracique s’appelle TEVAR (Thoracic Endovascular Aortic Repair). Dans les deux cas, à l’aide d’un cathéter introduit par l’artère de l’aine, l’endoprothèse repliée est amenée jusqu’au segment anévrismal puis déployée sur place, de sorte que le flux sanguin ne passe plus par la paroi anévrismale mais à l’intérieur de son armature métallique recouverte de tissu.
Ses avantages par rapport à la chirurgie ouverte
Comme ni l’abdomen ni le thorax ne sont ouverts, la perte sanguine, la douleur et la durée de convalescence après une EVAR/TEVAR sont nettement moindres qu’après une chirurgie ouverte ; nous pouvons faire sortir la plupart de nos patients en quelques jours. Cet avantage est particulièrement précieux chez les patients âgés ou porteurs d’autres maladies, chez qui le risque d’une chirurgie ouverte est élevé.
Suivi et scanner après l’intervention
Après une EVAR/TEVAR, nous assurons un suivi par tomodensitométrie à intervalles réguliers (en général aux 1er, 6e et 12e mois, puis une fois par an) afin de vérifier que l’endoprothèse est restée en place et qu’il n’existe pas de fuite (endoleak) autour d’elle. Bien que ce suivi soit un peu plus fréquent qu’après une chirurgie ouverte, il constitue l’élément le plus important pour garantir la sécurité de l’intervention à long terme.
Questions fréquentes
L’EVAR/TEVAR peut-elle être appliquée à tous les anévrismes ? Non : la localisation de l’anévrisme et l’anatomie des vaisseaux voisins déterminent si cette méthode convient.
L’endoprothèse reste-t-elle en place à vie ? Oui, elle n’est pas retirée ; elle doit toutefois être surveillée par une imagerie régulière.
Est-ce plus sûr que la chirurgie ouverte ? À court terme, la méthode est moins invasive et la récupération plus rapide ; en revanche, le besoin de suivi à long terme est plus important. La décision est prise en fonction de l’anatomie et de l’état général du patient.
Conclusion
L’EVAR et la TEVAR nous permettent de traiter les anévrismes de l’aorte de façon bien moins invasive que la chirurgie ouverte chez les patients dont l’anatomie s’y prête. La décision est personnalisée selon la localisation de l’anévrisme et l’état général du patient.
Vous pouvez prendre rendez-vous pour une imagerie détaillée et un examen afin d’évaluer si l’EVAR/TEVAR vous convient pour votre anévrisme de l’aorte.
Références
- Isselbacher EM, Preventza O, Hamilton Black J 3rd, et al. 2022 ACC/AHA Guideline for the Diagnosis and Management of Aortic Disease. Circulation. 2022;146(24):e334-e482.
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